L'état des lieux - Obligations - EnregsitrementComplémentairement à ce menu, www.eJuris.be met à la disposition de ses membres, plusieurs banques de jurisprudence sur le droit des baux. Toutes les décisions reprises dans la plate-forme ejuris.be ont été inscrites en fonction de l'intérêt qu'elles suscitent (350 décisions). Chaque banque de jurisprudence est précédée d'une chronique détaillée donnant une vision générale de la matière et de l'évolution de la jurisprudence. Toutes ces banques sont complètes, et recouvrent la totalité des décisions publiées. Pour un conseil ou une souscription aux banques de jurisprudence, vous pouvez contacter : notre service juridique Arborescence des banques de jurisprudence - Espace réservé aux membres- Chroniques d'auteurs [Chroniques d'auteurs] - Preuve du bail - Ecrit - Bail verbal [Banque de Jurisprudence] - Clause d'habitation bourgeoise [Banque de Jurisprudence] - Droit au logement - Logement social [banque de Jurisprudence] - Contrat de résidence principale [Banque de Jurisprudence] - Droit d'habitation [Banque de Jurisprudence] - Bail de courte durée - résiliation - prorogation [Banque de Jurisprudence] - Permis de location - Habitabilité [Banque de Jurisprudence] - Prix du bail - indexation - Révision [Banque de Jurisprudence] - Charges locatives [Banque de Jurisprudence] - Obligations du bailleur [Banque de Jurisprudence] - Obligations du preneur - Incendie - gardien [Banque de Jurisprudence] - Fin de bail : Préavis - Congés - extinctiton [Banque de Jurisprudence] - Durée du bail - Prorogation - délais de grâce [Banque de Jurisprudence] - Résolution, résiliation et perte de la chose louée [Banque de Jurisprudence] - Droit et Abus de droit - Art. 1184 c.c. [Banque de Jurisprudence] - Enregistrement - Transmission d'un bien loué - Date certaine [Banque de Jurisprudence] - Théorie des impenses - Améliorations [Banque de Jurisprudence] - Dégats locatifs - Expertise - Etat des lieux [Banque de Jurisprudence] - Procédure - Conciliation - requête - Citation [Banque de Jurisprudence] |
Chronique : Etat des lieux- Michel Vlies : "Quelques réflexions relatives aux états des lieux en matière locatives" JJP 2004, p. et svts; - Vankerckhove et Vlies : "Chronique de Jurisprudence - Baux à Loyer - Expertise amiable" JT 1993, p. 775; - Jacques Simons : "L'état des lieux et l'apport des technique modernes de preuve" JJP 1990, p.201; - Jos Vankerckhove : "L'état des lieux et l'obligation de restituer" JT 1984, p. 153. - P. Lurquin : "Traité de l'expertise", Bruylant, 1985; - P. Lurguin 25, 26 et 63 et Répertoire notarial, p. 25 et svts. T. VIII, livre I., n° 283); Etat des lieux - Notion Depuis les lois du 25 et du 26 avril 1997, l’état des lieux est devenu obligatoire pour tous les baux d’immeubles conclus à partir du 18 mai 2007. Ainsi le nouvel article 1730 du Code civil est désormais rédigé comme suit : "Les parties dressent impérativement un état des lieux détaillé contradictoirement et à frais communs". "il est annexé au contrat de bail écrit, au sens de l'article 1er bis du livre III, titre VIII, chapitre II, section 2, et sera également soumis à l'enregistrement". Cela vaut donc pour tous les contrats de location relatifs aux baux de biens immeubles, à l'exception des baux à ferme. Etat des lieux L'état des lieux est un constat écrit : A la fin du bail, le preneur est tenu de restituer complètement le bien loué, et dans l'état dans lequel il lui a été livré. C'est souvent à l'expiration du bail que naîtront les problèmes relatifs aux dégradations et aux pertes survenues pendant la jouissance, et c'est à ce moment là seulement que le bailleur sera amené à vérifier le bon usage de la chose louée par le preneur. L'état des lieux est donc un moyen de permettre au bailleur d’apporter la preuve qu’il a satisfait à son obligation de délivrance. Plus précisément, que le bien loué est en bon état de réparation de toutes espèces et qu’il est en état de servir à l'usage prévu. Nous vous joignons pour information, les dispositions déterminant les conditions minimales à remplir pour qu'un bien immeuble donné en location à titre de résidence principale soit conforme aux exigences élémentaires de sécurité, de salubrité et d'habitabilité : Arrêté du 8 juillet 1997 Suivant les dispositions de l'article 1719 du Code civil, l'obligation de délivrer la chose louée est une obligation essentielle du contrat de bail. Un état des lieux est donc nécessaire et important, afin de fixer l’état du bien dans lequel il se trouve au moment de la délivrance du bien, ou plus exactement au moment de l’entrée dans les lieux du locataire. Cela permettra au locataire d'exiger certaines remises en état concernant des vices qui peuvent apparaître en cours du bail, et d'opposer au bailleur, le jour ou il devra restituer le bien, l'état dans lequel il se trouvait lorsqu'il est entré dans les lieux. Compte tenu de ce contexte, un état des lieux doit être détaillé, précis, et contradictoire (art. 1730 du C. civ). Il faut que cela soit circonstancié. Ainsi, une simple formule comme le logement se trouve en parfait état peut difficilement être considérée comme un état des lieux circonstancié. L'artcile 1731 précise que s'il n'a pas été fait d'état des lieux détaillé, le preneur est présumé avoir reçu le bien loué dans le même état où il se trouvait à la fin du bail. La Cour de cassation dans un arrêt du 18 octobre 1996 l’a clairement rappelé en indiquant que l’article 1731, §2 du Code civil n’exonère pas le bailleur de l’obligation d’établir l’existence du dommage qu’il invoque (Cfr. banques de jurisprudence) . Restitution des lieuxMais quand le preneur doit-il respecter son obligation de restituer le bien loué ? Y. Merchiers, dans son ouvrage "L'obligation de restitution du locataire", affirme que ce respect doit être apprécié en fonction des circonstances. La jurisprudence considère également que la restitution tardive ou l'absence de restitution d'une clé peut être considéré comme une restitution incomplète. Dans la pratique locative, en générale la restitution se concrétise par la remise des clés, fait juridique transférant la garde de l'immeuble. |
Etat des lieux de sortieRappelons, que les parties peuvent convenir de réaliser elles-mêmes l'état des lieux de sortie, ou soit en choississant chacune leur expert qu’elles mandatent. Si les dispositions légales stipulent que l'état des lieux d'entrée doit être contradictoire et détaillé, l'état des lieux de sortie n'est pas réglementé par la loi. Suivant une décision du Tribunal de première Instance de Bruxelles (Civ. Bruxelles, 12 octobre 1995, il y a lieu de faire : Il s'agit donc d'une juxtaposition d'opérations distinctes (Michel Vlies : JJP 2004, p.12) : 1. des constatations purement matérielles qui peuvent se traduire par un simple récolement de l'état des lieux d'entrée, s'il existe, et/ou, en toute hypothèses, par une liste des dégradations subies par le bien (laquelle liste, en présence d'un état des lieux d'entrée, découlera de la simple comparaison des constatations matérielles opérées à l'entrée et à la sortie et devra, au contraire, être accompagnée d'explications en l'absence d'état des lieux d'entrée). 2. la recherche de la ou des causes de chacune des dégradations ainsi relevées; 3. la détermination de l'imputabilité des dites dégradations ; 4. l'évaluation du coût des dégradations imputables au locataire. Nous constatons qu'un état des lieux de sortie ne se limite pas uniquement à une simple constatation matérielle, elle sera également de nature technique et juridique, puisqu'il conviendra de déterminer l'imputabilité des dégradations. Soit à une usure normale, soit à une usure anormale due à une mauvaise conception du bien, soit à un manque d'entretien, soit à une vétusté ou force majeur, soit tout simplement à une mauvaise utilisation du bien... Cette opération est donc de nature juridique, car elle devra mettre en oeuvre des dispositions contractuelles ou légales (négligence), soit des présomptions applicables en matière de bail. La constatation de dommages locatifs en application des articles 1730 et 1731 du Code civil implique une comparaison entre l’état du bien loué au moment de l’entrée dans les lieux et au moment de sa sortie. La loi imposant l'obligation d'établir un état des lieux n'est pas rétroactive et ne vise que les nouveaux contrats signé à partir du 18 mai 2007. Ainsi, en l'absence d'état des lieux d'entrée, la jurisprudence estime que le bailleur doit toutefois être écouté en toute équité, aucun moyen de preuve ne pouvant être éxclu dès lors qu'il s'agit de prouver des faits (J. Vankerckhove, "petite réforme du louage et loyers", JT 1984, n° 51, p.56). Il semblerait suivant la doctrine, que les juges ne pourraient a priori refuser de désigner un expert afin de procéder à un état des lieux de sortie en se fondant sur le seul prétexte de l'absence d'état des lieux d'entrée. Les juges pourront-ils trouver un moyen pour refuser une telle expertise (...)? A défaut d’état des lieux, aucune sanction particulière n’a été prévue par la nouvelle loi. La présomption légale joue toujours en faveur du locataire : A défaut d’état de lieux détaillé, il est présumé sauf preuve contraire, avoir reçu le bail dans l’état où il se trouvait à la fin du bail. On retrouve donc la même situation qu’auparavant, de sorte que l’obligation d’établir un état des lieux ne constitue, selon l’ipi, « qu’une pétition de principe, sans réelle conséquence en pratique ». Nous attendrons la nouvelle jurisprudence sur ce point. |
